Le projet

 

Le présent projet expose des scènes de caméra de surveillance prises dans un ascenseur qui proviennent du web (Youtube). Au départ, nous avions selectionné beaucoup plus de vidéos montrant des lieux variés surveillés par caméra de sécurité (routes, dépanneurs, centres commerciaux, stationnements, etc.). Nous avons cependant restreint le projet aux scènes d'ascenseurs; les autres lieux mentionnés plus haut servant éventuellement de point de départ pour de futurs projets.

Le fait d'être filmé à notre insu s'avère une problématique de plus en plus répandue avec la démocratisation des outils d'enregistrement et de surveillance. Nous avons également retenu cet endroit en particulier, car cet espace fermé et sans fenêtre simule une atmophère intime propice à abaisser le seuil d'inhibition.

Nous questionnons la facilité avec laquelle nous pouvons avoir accès à ces vidéos, alors que celles-ci portent atteinte à la vie privée des gens filmés. Il est à noter que le web diffuse en abondance du matériel compromettant et explicite, par exemple la bande vidéo d'un viol accessible dès les premières pages affichées en recherchant sous les mots-clés « caméra de surveillance insolite ». La demande pour de telles vidéos doit être forte pour qu'elles aient cette visibilité. Un autre questionnement s'impose, celui de l'intérêt des visiteurs des sites web à s'immiscer à ce point dans la vie privée des gens.

De ce fait, notre projet se divise en deux axes, soit l'étude comportementale, tant sur le plan psychologique que sociologique, des gens filmés à leur insu et des visiteurs qui visionnent et commentent les vidéos.

D'une part, les gens observés dans l'ascenseur qui sont seuls peuvent se laisser aller à des comportements qui seraient peu acceptables exposés au regard des autres. Or, certaines personnes agissent tout de même ainsi à plusieurs, étant influencées par « l'effet de groupe », tout en croyant que leurs actes passeront inaperçus.

D'autre part, il est à se demander si les visiteurs intéressés par ce type de vidéos présentent des caractéristes voyeuristes. La simple curiosité peut se transformer en obsession. De plus, nous avons remarqué que plusieurs commentaires par rapport à ces vidéos, laissés sous le couvert de l'anonymat, sont blessants et dégradants. Ainsi, nous supposons qu'il en aurait été autrement s'il avait été obligatoire de divulguer son identité, car il est facile et peu engageant de donner son avis, dissimulé derrière un écran d'ordinateur.

Pour observer ce phénomène, nous avons laissé un espace pour les commentaires en-dessous de chacune des vidéos, certaines portant déjà des commentaires anonymes fictifs. Il est à supposer qu'ils auront une influence sur les propos qui suivront.

N.B. : Étant donné que nous ne disposons pas des moyens techniques pour élaborer un vrai forum, nous l'avons simulé, mais il serait possible de concevoir un blogue pour recevoir de réels commentaires d'internautes. Avec encore plus de moyens, il serait intéressant de filmer nos propres bandes vidéos de surveillance et d'en analyser les comportements humains insolites.

 

 

Andréanne Gouin & An LeBlanc

UQAM, 2013